FOLK-TASSIGNON QUARTET


Concert du 07 février 2007 (by Jacques Prouvost)

Ce mercredi soir, c’est le quartet de Sophie Tassignon et Suzanne Folk qui s’y produisait.

On pourrait qualifier la musique du groupe comme du «jazz de chambre», et le quartet pourrait être rebaptisé quatuor. En effet, Sophie chante, Suzanne joue de l’alto ou de la clarinette, Nicola Lancerotti de la contrebasse et Emile Verstraeten du violon...

Ensemble, ils développent une musique qui se balade entre jazz, pop, valse et musique classique du début de siècle. Vous savez, ces petits quatuors d’avant ou d’après guerre qui jouaient des airs populaires ou classiques, souvent emprunts de mélancolie. C’est sans doute l’apport du violoniste qui me fait penser à cela. Ça me rappelle Haydn Wood (auteur du célèbre «Roses Of Picardy» ). ...Ce violon qui se marie merveilleusement avec la clarinette. C’est subtil et sensible.

Le chant de Tassignon colle vraiment bien au projet. Sophie possède un timbre de voix très personnel qui peut surprendre au départ mais qui ne manque pas de magnétisme. Elle a une voix singulière, comme dirait David Linx, qui ajoute au charme et à la mélancolie des thèmes. On pourrait faire un rapprochement avec Susanne Abbuehl ou à quelques chanteuses nordiques.
D’ailleurs le groupe reprend un morceau de Bjork de manière très personnelle et convaincante, mettant de côté les extravagances vocales de l’Islandaise.

Ils interprètent aussi un morceau d’Alanis Morissette (moi qui ai une aversion certaine envers cette chanteuse…) avec beaucoup de délicatesse.

Mais le quartet joue aussi de très belles compositions personnelles (de Folk ou de Tassignon) dont l’univers pourrait se rapprocher de Ligeti ou Schönberg (du moins pour ce que j’en connais).
On le ressent dans l’introspectif «Fly», par exemple, qui débute en duo voix et contrebasse.

Ou encore dans «Stand Up And Walk» (il me semble) et «Anna», qui figurent tous deux sur l’album «Moon Talk» de Zoshia (autre groupe de Sophie Tassignon). Deux morceaux arrangés d’une toute autre manière et qui leurs vont à merveille.

Il y cependant toujours un certain swing qui transpire. Quand ce n’est pas la contrebasse de Nicola – optant parfois pour l’archet – qui montre la voie, c’est le «scat» léger de Sophie ou les impros de Suzanne (qui rappellent parfois Dave Liebman) qui nous ramènent vers le jazz. …ou bien encore la reprise, en rappel, de «Leaving» de Richie Beirach.

Joli voyage plein de sensibilité, de délicatesse et de finesse pour lequel je suis prêt à repartir.
Et que je vous invite à faire aussi.